Séance photo inclusive : famille & handicap

Une séance photo en famille au Parc de Clarence à Lapugnoy

L’essentiel à retenir

Une séance photo de famille ne devrait jamais commencer par une liste de poses à reproduire.
Elle devrait commencer par une question beaucoup plus simple :
De quoi les personnes que je vais photographier ont-elles besoin pour se sentir bien ?
C’est particulièrement vrai lorsqu’une personne de la famille est en situation de handicap. Pour cette séance, nous nous sommes retrouvés au Parc de Clarence à Lapugnoy. L’une des personnes photographiées se déplaçait en fauteuil roulant.

Cela n’a pas changé l’objectif de la séance. Nous étions toujours là pour créer de beaux souvenirs, photographier les liens entre eux, profiter d’un moment ensemble et raconter leur famille telle qu’elle est. En revanche, cela m’a demandé de penser la séance autrement. Et c’est justement là que mon rôle de photographe prend tout son sens.

Vous rêvez d’un shooting photo en famille ? Discutons-en !

Une séance photo doit s’adapter aux personnes

Nous avons parfois une image assez figée d’une séance photo.
Il faudrait marcher beaucoup.
Changer régulièrement de décor.
Se placer à tel endroit.
S’asseoir ici.
Se lever là.
Suivre une série de poses imaginées à l’avance.
Mais une séance ne devrait jamais fonctionner de cette manière.

Ce n’est pas aux personnes de s’adapter à la séance. C’est à la séance de s’adapter aux personnes.

La mobilité, la fatigue, le confort ou encore l’accessibilité des différents espaces font donc naturellement partie de ma réflexion.
Au Parc de Clarence à Lapugnoy, nous avons avancé tranquillement et utilisé les endroits qui convenaient le mieux au rythme de chacun.
Un chemin accessible.
Un espace ombragé.
Un banc.
Une barrière.
Un endroit où nous pouvions simplement nous arrêter quelques minutes.
Pas besoin de courir d’un bout à l’autre du parc pour obtenir une galerie variée.
La lumière, les relations entre les personnes et quelques changements de point de vue suffisent souvent à transformer complètement une image.

Photographier une personne, pas son handicap

Lorsque je photographie une personne en situation de handicap, je ne veux pas faire comme si le handicap n’existait pas.
Mais je ne veux pas non plus qu’il devienne automatiquement le sujet de toutes les photographies.

Le fauteuil roulant fait partie de la réalité de cette séance.
Il apparaît dans certaines images.
Dans d’autres, il devient simplement un élément parmi d’autres de la scène.
Et c’est très bien ainsi.
Ce qui m’intéresse avant tout reste exactement la même chose que lors de toutes mes séances : un regard, un sourire, une proximité, une main posée sur une épaule, une façon de se tenir auprès de la personne que l’on aime.

Le handicap ne fait pas disparaître ces gestes.
Il ne change pas l’importance des liens.
Il ne réduit pas une personne à une particularité physique.

Ne pas chercher à cacher le fauteuil à tout prix

C’est aussi une question que l’on peut se poser avant une séance.
Faut-il essayer de cacher le fauteuil ?
Le sortir du cadre ?
Photographier uniquement de très près ?
Pour moi, il n’existe pas une réponse unique.
Tout dépend de la personne, de ce qu’elle souhaite et de l’image que nous sommes en train de créer.
Sur certaines photographies de cette séance, le fauteuil est pleinement visible.
Et je trouve cela important.
Parce que c’est aussi leur quotidien.
Parce qu’il n’y a aucune raison de fabriquer une version artificielle de la réalité.
Mais cela n’empêche absolument pas de travailler le cadrage, la composition ou la lumière avec la même exigence que pour n’importe quel autre portrait.
Une photographie peut montrer un fauteuil roulant sans que celui-ci devienne le premier sujet que l’on regarde.
Ce que l’on remarque surtout ici, ce sont les personnes.
Et c’est exactement ce que je recherche.

Garder une trace de la famille telle qu’elle est aujourd’hui

Ce jour-là au Parc de Clarence, il y avait trois personnes.
Trois personnalités.
Plusieurs générations.
Des habitudes.
Des gestes qui leur appartiennent.
Un peu de stress au début.
Et puis progressivement, de plus en plus de naturel.
C’est cela que les photographies garderont.
Pas simplement un parc.
Pas simplement une tenue.
Pas simplement un fauteuil roulant.
Mais une famille réunie à un moment précis de son histoire.
Et dans quelques années, je pense que c’est surtout cela qui comptera.

foire aux questions

Vous avez mille questions ? C’est normal !
Faites défiler tranquillement. Et si votre question ne s’y trouve pas,
ma boite mail est toujours ouverte !

Une séance photo est-elle possible avec une personne en situation de handicap ?

Oui, bien sûr. La séance est pensée en fonction des besoins, de la mobilité, du confort et du rythme de chaque personne. L’objectif est que chacun puisse profiter du moment sans avoir à s’adapter à un déroulement trop rigide.

Comment choisir un lieu accessible pour une séance photo ?

Le lieu est choisi en tenant compte de l’accessibilité, des déplacements possibles et des éventuels besoins de pause. Pour cette séance, le Parc de Clarence à Lapugnoy permettait notamment de créer des images variées tout en limitant les déplacements.

Faut-il prévenir la photographe avant la séance ?

Oui, il est préférable de me parler en amont des besoins particuliers de la personne photographiée. Cela me permet d’adapter le lieu, la durée, les déplacements et le déroulement de la séance afin que tout soit le plus confortable possible.

Le fauteuil roulant apparaît-il forcément sur les photos ?

Pas nécessairement sur toutes les images. Il peut être pleinement intégré à certaines photographies et moins présent sur d’autres, selon les cadrages et les envies de la personne. L’idée n’est ni de le cacher systématiquement, ni d’en faire le sujet principal de la séance.

Une séance photo inclusive peut-elle rester naturelle et spontanée ?

Absolument. La spontanéité ne dépend pas de la capacité à courir, marcher ou changer constamment de position. Elle se trouve surtout dans les regards, les sourires, les gestes, les échanges et les liens entre les personnes. C’est avant tout cela que je cherche à photographier.